Asus Zephyrus (GX501VI), c’est beau, c’est perf’ et c’est aussi très cher

Il est de plus en plus rare que je m’enthousiasme devant un PC et pourtant le Zephyrus (GX501VI) d’Asus a ce que quelque chose qui le rend très sexy et vraiment très fun. Il marque pour moi une certaine fin des portables grossiers et impotents pour les joueurs.

Asus produit des ordinateurs portables pour joueurs depuis des années, et des modèles pour joueurs depuis déjà depuis des lustres. Je me souviens même être présents lors des lancements des G1 et G2, les tous premiers. Je bossais alors pour eux. Ca devait être en 2005 si mes souvenirs de vieux machins sont (encore) exacts. Je me souviens encore de mes critiques en internes :

Ne lancez pas cela c’est vraiment se foutre de la gueule des clients de telles machines. Cela a le look des PC de jeu, mais vraiment cela n’a rien dans le sac, c’est de la mer***

Cela m’avait d’ailleurs valu une soufflante du grand manitou des portables de Taiwan parce que si ce que je disais était vrai, je n’avais pas à le dire à nos forces de vente, car moins ils en savaient et mieux ils vendaient…

Et depuis de l’eau a coulé sous les ponts et nos chemins se sont séparés. La marque taïwanaise a fait un très bon bonhomme de chemin sur ce segment en produisant des parpaings dédiés aux joueurs, qui font rapidement 4 à 5 kg (avec en plus un bloc d’alimentation ajoutant 1 kg à l’addition). L’un des gros avantages des portables Asus, c’est qu’ils sont rarement bruyants, grâce notamment à des systèmes de refroidissement assez massifs.

Depuis quelques années, on peut observer que les constructeurs ont pris conscience que parfois ce genre de machines doit pouvoir se transporter. Et donc ils passent un coup de rouleau compresseur et dégomment trop souvent souvent ce qui fait l’essence d’un portable pour joueur, l’élément central : sa carte graphique. Sinon elle demande à être refroidie très activement et cela fait un barouf du diable !

Faites entrer le Zephyrus

Avec le Zephyrus (GX501VI), Asus change quelque peu l’angle. On a droit à une machine fine (18 mm d’épaisseur, c’est à dire en gros la taille d’un sucre) et légère (2,2 kg pour un 15 pouces, c’est acceptable). Elle est bâtie dans un bloc d’aluminium brossé noir, du plus bel effet et qui donne un côté très bien fini et relativement soigné. Et surtout c’est très discret. Un liseré doré-cuivré fait le tour de la machine ce qui ajoute un coté clinquant, mais cela reste très sobre. Et il y a le logo caractéristique de la gamme Republic of Gamers (ROG) sur le dos de l’écran, cette fois en couleur métal argenté.

L’intérieur est très particulier et la première ouverture de la charnière peut être un vrai choc si on ne s’y est pas préparé. L’agencement habituel a été entièrement revu. Le clavier et le pavé tactile sont positionné l’un à côté de l’autre, et non l’un en dessous de l’autre. Et au dessus, on a droit à une large plaque (140 mm) de… vide. Enfin pas tout à fait de vide, mais rien de visible. C’est en fait la dessous que la configuration du PC est cachée et le fait de ne pas avoir collé le clavier par dessus permet de gagner de précieux millimètres. A la louche, je dirais que c’est au moins 5 millimètres qui sont ainsi gagnés en procédant ainsi.

Cet agencement est vraiment spécial et ne plaira pas à tout le monde. Notez que l’on s’y fait très bien, si ce n’est que pour retrouver une once de confort, il faut utiliser un repose-poignets en caoutchouc fourni dans le carton, sinon on se fait mal au poignet.

On note aussi que l’ouverture de la charnière de l’écran surélève un peu le bas du portable. Quand on n’est pas au courant de l’astuce, on se persuade rapidement qu’on a défoncé le châssis sans trop savoir comment et pourquoi. C’est très bizarre. Mais cela permet aussi et surtout de donner de l’air frais à cet ordinateur.

Vous vouliez une grosse carte graphique ? Ne quittez pas

Comme je l’ai dis précédemment, avoir un portable fin et une grosse carte graphique ce n’était pas vraiment possible. Et pourtant, ici on a la preuve que c’est possible. Mais comment ?

Asus exploite une carte graphique de nouvelle génération, la GeForce GTX 1080 Max-Q de nVidia. Elle fait donc partie de la famille des GeForce 10, gravée en 16 nm FinFet.

Le 1080 c’est le très haut de gamme, mais le suffixe « Max-Q » change quelques trucs. Notamment les fréquences de pédalage. Elle va un peu moins vite que les normales, mais ce pourcentage de baisse fait qu’elle peut rentrer dans des châssis plus fins.

Mais nVidia va plus loin que cela. La société valide les portables de ses partenaires afin qu’ils ne fassent pas non plus un bruit excessif. Elle a fixé un niveau de bruit de 40 dB(A) en charge, ce qui est plutôt contenu et acceptable.

De plus, WhisperMode va faire son apparition au sein du GeForce Now. Il s’agit d’un profilage des jeux qui limite la charge quand c’est possible afin de ne pas faire tourner le carte graphique à fond de train si cela n’est pas nécessaire. C’est un peu comme BatteryBoost lorsque l’on veut jouer sur batterie en limitant la consommation au strict nécessaire. Quoi qu’il soit, sans ce Whispermode, la machine est déjà relativement discrète.

hey mais… ça poutre !

Bon alors avant de parler à proprement parlé de jeux vidéo, l’essence même de cette machine, je vais faire un arrêt deux secondes pour parler d’un truc magique : le SSD. Dans un ordinateur pour stocker ses données, on a plusieurs choix : le disque dur ou le SSD.

Dans le premier cas c’est gros mais lent, dans le second c’est souvent vendu avec des capacités plus petites mais cela va vite que ce soit pour charger le système d’exploitation ou tous les logiciels d’ailleurs. Donc Asus a fait le choix d’un SSD mais un modèle extrêmement performant. Il utilise une interface NVMe qui est particulièrement véloce. Un transfert de fichiers peut grimper à 1800 Mo/s en écriture et 3200 Mo/s en lecture. Un très bon disque dur tourne aux alentours des 200 Mo/s à titre de comparaison (et ceux des portables on divise en gros par 2).

Cette vélocité dans les temps de chargement est palpable, surtout lorsque l’on utilise des jeux comme Mass Effect Andromeda dont les temps de chargement sont très lourds et lents. On ne sait pas vraiment pourquoi d’ailleurs… Bon OK graphiquement ce jeu en met plein les mirettes mais quand même. Quoi qu’il en soit c’est très agréable de ne pas devoir attendre trop longtemps pour pouvoir jouer.

Le reste de la configuration est aussi très avenant avec un Core i7 7700HQ d’Intel dont les 8 fils d’exécutions carburent jusqu’à 3,8 GHz. Ah oui et il y a 16 Go de mémoire vive… Bref on est vraiment bien servi.

L’écran embarque une dalle mate IPS G-Sync en Full HD (ouais je peux causer très chimique). En français, cela veut dire de larges angles de vision sans se battre avec les reflets et les images cramées, une synchronisation de l’écran avec la carte graphique (ici jusqu’à 120 Hz, soit 120 images par secondes) pour éviter les images défoncées quand on joue et en 1920 x 1080 pixels. Voilà 4 acronymes remplacent 4 lignes !

Bon alors on joue ou on se tourne les pouces ?

Bon alors une fois qu’on s’est fait au placement du clavier et du pavé tactile qui se transforme par magie en pavé numérique grâce à une touche, on peut jouer. Mais jouer aussi avec les couleurs du clavier car un logiciel permet de choisir. C’est très drôle. On s’amuse follement et… on finit par tout éteindre pour ne pas se laisser déconcentrer. Quand on est joueur on ajoute une vraie souris, filaire à cette machine. Mais bon moi je suis Hardcore, je joue au pavé tactile. Officiellement, c’est pour avoir une excuse valable quand je perds (souvent).

Bref on joue maintenant. Et on joue en mode « toutafond ». Ce mode c’est l’extase normalement quand on a une grosse. C’est le cas ici alors on y va gaïment dans les détails, les jeux deviennent superbes. Malgré cela la fluidité est au rendez-vous dans tout ce qui nous est tombé sous la main en commençant par Mass Effect Andromeda. Selon Fraps que l’on a utilisé dans le mode solo, on alterne entre 130 et 135 images par secondes (ips). De temps à autre il y a des chutes de performances mais globalement c’est rare et rien qui empêche d’utiliser son flingue pour tuer de l’Alien.

Dans The Rise of the Tomb Raider, on fait la feignasse (on a déjà fini le mode solo à 57%). On utilise alors l’outil de mesure intégré après avoir jouer dans la partie graphisme et affichage et tout basculé en mode à fond. Et là c’est un peu moins bien, on carbure aux alentours des 100 ips. Bref là encore c’est bien fluide… et nos yeux sont sous le charme de la belle Lara (même si elle était mieux avant).

En fait quelque soit le jeu que l’on lance, c’est le même constat, ca carbure à fond de train et la jouabilité est très très bonne. Je vous passe l’expérience StarCraft II en mode Ultra. Les jeux Blizzard ne sont pas les plus gourmands et ils tournent sur n’importe quel PC…

Votre banquier ne pas vous laisser faire

Bon alors résumons. Une bête de course, plutôt jolie avec des touches subtiles de « bling bling » ça et là. L’autonomie ce n’est pas son truc mais en évitant de jouer et juste pour du surf, on arrive à tripoter ce PC sans fil à la patte pendant 2h30 / 3h. C’est peu mais bon la batterie est ridicule (50 Wh) à la vue de la configuration intégrée.

Toujours est-il qu’il y a une grosse couleuvre à avaler avant de pouvoir toucher ce PC. Son prix astronomique : 3200 € ! Cela fait mal. Très mal. Trop mal.

C’est excessif de la part d’Asus qui profite très clairement de la situation. Le constructeur est seul pour l’instant sur cette catégorie du gamer ultrafin chic, silencieux et ultraperf’. Du coup il y a de l’abus. (Notez qu’il n’y a qu’une lettre d’écart entre Abus et Asus, si cela n’est pas un signe…). Bref si vous en avez les moyens, tant mieux pour vous. Les autres peuvent continuer de baver. En SILENCE.

Notez enfin que les séries Max-Q vont débarquer en masse dans des PC bien moins chers à partir de la rentrée, notamment chez HP ou Lenovo. Ils n’exploiteront pas la GTX 1080, mais plutot la 1060. Trop tôt pour dire si la concession en terme de performances sera ou non trop importante par rapport à la version normale de cette puce. Mais il faudra voir si les fabricants ne vont pas tenter de glisser de telles puces dans des laptops très très fins. Après tout, on se dit maintenant que tout est possible avec ce Zephyrus. Alors n’arrêtons pas de rêver, on est trop jeune. Et arrêtez de baver sur des PC. C’est mal et c’est dangereux !

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